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22 ottobre

Idem

 
Une chaise renversée, et mes jambes qui s'égarent, ton visage s'est inversé sous le plafond de ce bar, une vie trop bien rangée apprivoise chaque soir, l'imminence redoutée d'une chute obligatoire. J'ai cette vie à l'endroit qui se dresse sans un pli, des rêveries à l'étroit qui se pressent dans l'oubli, je veux aimer à l'envers remarcher dans les faux pas, de mes amours de travers qui me suivent pas à pas. C'est vrai qu'on est mal assis là...qu'on est mal assis. Repasser dans le désert des errances d'autrefois, redevenir solitaire comme un oiseau vu d'en bas, quand j'aurai fait le chemin à rebours de mes déboires, je pourrai penser enfin au projet de me rasseoir. C'est vrai qu'on est mal assis là...qu'on est mal assis.
 
"Mal assis" - Pauline Croze
07 ottobre

Grosse fatigue

 
Le mois de septembre a filé sans que je ne vois passer les jours.
Et voilà octobre, bien gris, pluvieux, froid, qui s'étend sur nos vies.
Il frissonne partout, jusqu'au fond de mon être (oui, bon, ok, le syndic n'a pas encore rallumé le chauffage, mais je trouvais ça plus poétique, moi, comme image !).
Les jours raccourcissent. Seul élément qui puisse réjouir : nous gagnerons bientôt une heure de sommeil (ça, j'adore ;b).
Et puis voilà, à trop courir après le temps, à toujours tout planifier pour profiter le plus des gens que j'aime, des soirées drink, des week-ends marathons, j'ai sans doute fini par m'épuiser toute seule.
Me voilà donc aujourd'hui, devant un médecin paternaliste, à expliquer pourquoi il y a craquage. C'est le corps, mon bon docteur, c'est le corps qui ne veut plus avancer, c'est lui qui crie qu'il n'en peut plus de cette vie décousue et de ce rythme effréné que je lui impose.
Alors, monsieur bon docteur, faîtes-le taire. Donnez lui de quoi se refaire une santé, qu'il me laisse enfin en paix.
Je déborde, oui, je sais, j'exagère et mon corps joue les bonnes consciences. Mais je ne lui ai rien demandé !
Bon, d'accord, je lui demande de me suivre, de dormir peu en semaine et de récupérer son quota le samedi, quand c'est possible.
Bon, ok, je ne lui apporte pas toujours un bon équilibre alimentaire.
Bon, allez, je le malmène de temps en temps devant l'écran, pliée en deux, le peu de sport que je lui accorde.
Mon enveloppe bougonne, fait grise mine, pour finalement me lâcher et me pousser à aller voir ce bon vieux docteur.
Il voulait m'arrêter, le temps que mon corps se remette.
Non, non, non. Pas de caprice.
Donnez-lui des vitamines, de quoi se requinquer, ça ira comme ça.
Depuis quand ce sont les organes qui commandent ;b