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29 marzo Une vie normaleLe mois de mars s'achève.
Demain, on change d'heure pour celle d'été, sans soleil. Je vais encore mettre une semaine à m'habituer à ce nouvel horaire, je le sais.
Demain, c'est aussi le jour de l'équitation, mon bol de liberté.
J'ai pris conscience aujourd'hui que le temps, encore, m'a filé entre les doigts.
Avril à ma porte, me voilà fort dépourvue.
Et ce soir, face à des copines pas vues depuis des lustres, devant la question affreuse qui se pose toujours à un moment ou à un autre, me suis sentie toute bête.
"Et alors, ta vie sentimentale ?". Hein ? Ma vie quoi ? Comprends pas.
Non, les filles, soyons sérieuses, parlez-moi de mon boulot, de mes projets d'appart sur Paris, de mes journées équitation, mais pas de ce truc-là. Y'a rien à dire sur ce truc-là, et puis ça me met mal à l'aise de vous le dire ce rien.
Depuis un certain temps, je le vois bien que je suis en décalage.
Mes potes en couple, même les plus improbables casables, des bébés en route pour certains.
Une vie normale.
Ma vie normale à moi, elle se résume à mon travail, mes week-ends equestres, mes siestes pour récupérer, quelques sorties potes de temps en temps, et quelques rencontres furtives, plus souvent brèves qu'intenses.
Une vie normale, d'ado peut-être, mais à 31 ans, peut-on encore parler de vie normale ?
On me dit que je m'enferme dans le travail, que je fuis l'engagement, que je refuse en fait d'adhérer au chemin de vie "rencontre, amour, enfant".
Peut-être. Peut-être pas.
J'étais raisonnable à 20 ans, casée, une vie limite toute tracée.
Et il y a eu le premier accro à cet avenir prémaché.
Puis la brèche, il y a trois ans.
La brèche, trop grande, impossible à fermer complètement, celle qui au moindre écart s'ouvre de nouveau, toujours trop béante à certains moments, fragilement recouverte par tranche de vie.
La brèche, celle qui refuse de me laisser avancer, trop entravée par les souvenirs, celui de ce bonheur qui n'existe plus, n'a peut-être jamais existé que dans le fantasme qu'il est finalement devenu.
Alors, oui, je rêve, j'idéalise, je rends plus rose ce qui ne l'est pas, et souvent, oui souvent, je fais semblant que tout va bien.
La brèche me rappelle la réalité à intervalles réguliers, comme les pulsations d'une coupure au bout du doigt. Douleur sourde.
C'est dans ces moments-là, entre deux pulsations, que j'aimerai avoir cette vie normale. Une vie où j'aurai rencontré l'homme de toute une vie, où tout ne serait qu'évidence, où j'aurai le ventre arrondi et des projets de crédit en commun.
Et puis, je me regarde bien au fond des yeux, et je me dis "ma vieille, c'est pas ce qui est prévu pour toi, enfin peut-être pas tout de suite, enfin, bon, j'en sais rien, et puis arrête de chialer, mince !". J'ai jamais trop bien su me consoler.
Evidemment que j'aimerai rencontrer quelqu'un avec qui tout se passe bien. Evidemment.
Mais qu'est-ce que j'y peux moi si ça ne se passe pas comme j'aimerai que ça se passe ? Arrêter de respirer jusqu'à ce que ça me tombe dessus ?
Alors, oui, je travaille beaucoup, je vis ma vie comme une journée sans fin, je recommence encore le lendemain, jusqu'à épuisement.
Ce n'est peut-être pas une solution, mais il n'a qu'à se pointer ce grand con sur son cheval blanc ;b
17 marzo Si j'étais moi...Si j'étais moi
Ni la montagne à gravir
Au bord du vide
La neige à venir
Ne me feraient peur
Si j'étais moi
Ni les pages à écrire
Ni de trouver les mots pour le dire
Ne me feraient peur
Mais je me lâche la main
Je m'éloigne de moi
Je me retrouve au matin
Sur la mauvaise voie
Quand on se perd en chemin
Comment venir à bout
De ces efforts inhumains
Qui nous mènent à nous
Si j'étais moi
Ni la femme que je suis
Ni même l'homme qui dort dans mon lit
Ne me feraient peur
Si j'étais moi
Ni les démons que je cache
Les idées noires
Les flammes que je crache
Ne me feraient peur
Mais je me lâche la main
Je m'éloigne de moi
Je me retrouve au matin
Sur la mauvaise voie
Quand on se perd en chemin
Comment venir à bout
De ces efforts inhumains
Qui nous mènent à nous
Qui nous mènent à nous
Me ramène à si
J'étais moi
Ce que j'ai sur le coeur
Ce que je fais de pir et de meilleur
Ne me feraient peur
Si j'étais moi
Ce que je fais de pir et de meilleur
Ferait mon bonheur
Si j'étais moi
"Si j'étais moi" - Zazie |
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