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03 maggio Et la lumière fut !20h, je quitte le boulot, la conscience presque tranquille.
Bouclé mon dernier dossier, envoyé les mails de relance client, investisseurs et tout le bazar.
20h05, l'ipod sur les oreilles, j'assiste à une scène de ménage, à l'arrêt de bus, entre deux personnages sortis d'un défilé de mode. Elle vocifère, il s'explique mollement. Beaucoup d'énergie pour pas grand chose, savez les p'tits loups, mais bon, il faut bien que jeunesse se tasse.
Je le regarde surtout lui. Parce qu'il a le physique d'un ange. Ses yeux bleus, ce teint de miel, et puis cette nonchalance. Les anges sont finalement diaboliques sous leurs airs de ne pas y toucher.
Absorbée par leur dispute (c'est mon téléfilm du jour), j'ai oublié de mettre l'ipod en marche.
20h10, le bus arrive. Je décroche de mon soap, de toute façon les histoires d'amour finissent mal en général, grimpe dans le bus et allume l'ipod.
A James Morrisson de me balader le long des rues de Paris.
J'ai filé au fond du bus, et je rève au bord de la vitre. En fait, j'évite surtout de regarder le type, moins ange mais beaucoup plus "homme de la situation", qui se trouve juste devant moi à l'avant. Il tripote son téléphone, doit attendre un coup de fil sans doute, tire un peu la gueule (mais quelle gueule). Ai eu envie de sourire, me suis retenue. Veux pas que ça passe pour de la drague, pourtant ça m'aurait bien plu de juste sourire.
Je jète des coups d'oeil furtifs entre deux secousses du bus. Ca me gêne de le voir me regarder aussi. Il a sans doute vu mon manège, se demande peut-être pourquoi je le regarde de la sorte. Tiens, son téléphone sonne, ça s'anime sur son visage, ça étire les coins de sa bouche et d'un seul coup je ne le trouve plus charmant mais terriblement séduisant.
20h15, je rince une dernière fois mon oeil et descend à l'arrêt Charles de Gaulle. Merci monsieur pour la parenthèse et bonne route.
James dit qu'il ne peut pas sourire sans elle. Je chuchote avec lui, pour ne pas trop éveiller la curiosité tout en m'adonnant à mon vice.
C'est étrange cette sensation de faire l'école buissonnière. Il fait jour et je suis dehors. J'ai l'impression d'avoir pris mon après-midi.
J'allume une clope, traverse les passages pietons sur indication du p'tit bonhomme vert et m'engouffre dans la station de RER.
Slalome entre les usagers.
Sur le quai, j'achète un "vide-tête". En couverture, Reese Whiterspoon, pimpante et blonde. De quoi me faire oublier mon teint blafard et mes cernes.
Le RER arrive, on se bouscule un peu, pour rentrer, pour sortir.
Je me cloque sur un strapontin, lis entre les photos glamour de poupées acidulées ce que je devrai penser, porter, devancer.
Et me laisse bercer jusque Chatelet par le bling bling des bracelets à leurs poignets.
Quelques minutes de battement, et le second RER arrive. Nouvelles bousculades. Je finis coincée tout au fond avec une canette de bière vide à mes pieds et reste le nez plongé dans mon bouquin.
Bagneux, je descends et redécouvre la lumière. Il est 20h45. Encore quelques pas, quelques marches à grimper, deux ou trois tours de clé. Je referme la porte sur ma petite promenade du soir. |
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