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28 agosto

Carnet de voyage : Acte II

 
L'intrigante
 
C'est mon vrai premier jour à Djerba.
Je me lève relativement tôt afin de prendre le petit déjeuner. J'ai une faim de loup ce matin !
Je prends une douche, m'habille léger. C'est agréable tout ce soleil dès 9h du matin.
Je me rends au restaurant accompagné de mon bouquin. Et je déjeune seule en pouffant entre deux pages et deux gorgées de café.
Je sens parfois le regard des gens, intrigués de me voir là, rire en grignotant ma viennoiserie, joyeuse malgré l'absence de quiconque à mes cotés.
Je les observe aussi de temps en temps, je souris intérieurement du léger trouble qui animent leur regard face à moi-même et qui, la minute d'après, retourne à leur assiette.
Je ne suis que ça : une minute d'étonnement.
Puis je retombe dans l'oubli de leur séjour déjà tout programmé, "balade en mer aujourd'hui, chérie".
Ca m'intrigue aussi, cette façon qu'ils ont de me détailler.
C'est sûr, ça doit cogiter, peut-être sur les tares qui doivent être les miennes pour voyager seule, ou encore sur cette absence bien anormale d'un homme ou ne serait-ce que d'une amie pour m'accompagner.
Les locaux sont nettement plus bienveillants à mon égard. On me sourit, me demande si je suis déjà venue, si je me sens bien ici.
Je rends les sourires, je raconte un peu puis je prends congé en les remerciant pour la bonne journée qu'ils me souhaitent.
Après le petit dej, je dois assister à la réunion du tour opérator. La pièce est un sauna, le discours est bien trop long (pas loin d'une heure et demi de blabla), je ressors comateuse et file direct à ma chambre pour un somme.
13h sonne vite, et je me transforme en ventre (bien fait de perdre un peu de poids avant de partir !).
Retour au restaurant. J'ai décidé de déjeuner dehors et comme les places sont chères, je demande si je peux m'installer à une place libre à coté d'un couple.
Très vite, je suis repérée par un animateur qui vient s'assoir en face de moi. On commence à engager la conversation, on parle de banalités, du soleil, de la vie parisienne, de son job d'animateur...Il me dit qu'il bosse sur la plage et que si j'ai besoin de trouver un transat, que je vienne le voir. Je le remercie et quitte la table.
Cette fois, pas de petite sieste digestive, je file me mettre en maillot et à moi les couleurs caramels !
En fait, c'est surtout du rouge que j'ai récolté cet après-midi là. Pourtant, je m'étais tartinée généreusement de crème mais faut croire que ce n'est pas le noir qui attire le soleil, mais bel et bien le blanc !
Sur la plage, je recroise l'aminateur du midi,  revenu me faire la causette. Comme c'est une des seules personnes à m'adresser la parole, je bénie ce léger flirt qu'il me fait. Je me sens moins paria aux yeux de tous ces transats en binomes.
Il est 18h, je sens que je chauffe. Je suis allée deux fois me couler dans l'eau transparente de la mer, lézardé au soleil pleine de sel, il est temps de rentrer prendre une douche.
Ce soir-là, je ne revets pas mes plus beaux atours. J'ai les genoux qui brûlent et la fatigue du soleil quand on ne l'a pas vu depuis des lustres. Je dîne (d'ailleurs je ne me souviens plus si j'étais seule ou non) et rentre m'affaler sur mon lit.
Morphée me fait de l'oeil et j'avoue avoir été une fille facile ce soir-là.
25 agosto

Un si joli mot pour un vilain défaut

 
J'suis jalouse
A en faire trembler les gens
A faire trembler mes jambes
J'ai plus qu'à plonger en silense
J'pourrai flotter inerte, tu t'en balances
Et ça me ronge, ça me pourit
Ca me rend dingue, ça m'fout en l'air
Quand je sais qu'tu t'envois en l'air
De l'air, de l'air, de l'air !
 
Et même si je savais pas
J'imagine tout, c'est encore pir
Tu pourrais tomber amoureux
Recommencer une vie à deux
Plus tu la désires et plus j'expire
Et ça me ronge, ça me pourit
Ca me rend dingue, ça m'fout en l'air
Quand je sais qu'tu t'envois en l'air
De l'air, de l'air !
 
Jalouse
Jalouse
 
J'suis jalouse, à en faire trembler les gens
Et même si c'est moi qui casse
J'm'en fous, j'veux pas qu'on remplace
J'suis jalouse, à en faire trembler mes jambes
J'mécraserai bien sur l'autoroute
Mais tu t'en fous, t'es déjà loin
Le pir, c'est d'être déjà trop loin, déjà trop loin
 
Est-ce que parfois des idées noires
Te traversent sans crier gare
Moi, j'en ai un peu tous les soirs
Pourvu que le temps les écrase
Est-ce que tu penses encore à moi
Comme je pense encore à toi
Est-ce que tu souffres autant que moi
Si c'est moi, j'te pardonnerai pas
 
Jalouse
Jalouse
 
Et même si c'est moi qui casse
J'm'en fous, j'veux pas qu'on me remplace
Et même si c'est moi qui casse
J'm'en fous, j'veux pas qu'on me remplace
Non, j''veux pas qu'on me remplace
J'veux pas qu'on me remplace
 
"Jalouse" - Mademoiselle K
22 agosto

Carnet de voyage : Acte I

 
 Faux départ
 
Nous sommes le 5 août.
Je me suis levée de bonne heure. Ma mère doit passer prendre ma ménagerie à 9h.
En fait, elle arrive à 8h30. Je mets mon fauve en cage et descends les escaliers. Je remonte chercher la ratoune et descends de nouveau.
Je fais des adieux déchirants à mon chat et souhaite bon voyage à ma mère.
Mon sac est presque près, le rendez-vous à l'aéroport est pour 16h, j'ai tout le temps devant moi.
Je flane, range à droite à gauche, regarde un peu la télé, fais un p'tit tour sur Internet. Puis je me décide enfin à briquer un peu la maison et termine mon sac.
A 15h, je suis enfin prête. Direction Orly.
Musique sur les oreilles, je me rends à Anthony pour récupérer l'Orlyval. 7,50 euros la traversée, je trouve ça un peu rude !
L'aéroport est bondé. Des gars défilent en chanson sous des banderoles rouges. On vous ment, on vous spolie.
Je marche de long en large dans le hall à la recherche de mon tour operator. Je finis par me rencarder auprès d'un agent qui m'escorte gentiment jusqu'au guichet.
Je récupère mes billets d'avion, mes vouchers pour l'aller et le retour en bus.
Je fais enturbaner mon bagage dans un magnifique plastique rose fluo afin d'éviter qu'il ne soit ouvert par des gens mal intentionnés. Au moins, suis sûre de le repérer direct à l'arrivée !
Je sors m'en griller une dehors. Il est 16h30, l'enregistrement ne commence qu'à 17h, j'ai encore de la marge.
Il fait un temps splendide. Les fumeurs s'aglutinent le long des vitres à l'extérieur. On sent les gens encore tendus. Ce n'est pas tout à fait les vacances alors on garde nos mines de circonstance.
Je rentre prendre un café et une bouteille d'eau, je commence mon roman, celui que j'ai eu tant de mal à ne pas ouvrir avant le jour du départ, "God save the France".
Je me colle dans la file d'enregistrement et je me marre toute seule en tournant les pages de mon bouquin.
La file n'avance pas. C'était donc ça les banderoles rouges : grève des bagagistes.
A 18h30, enfin, alors que le vol est censé être justement à cette heure-ci, j'ai enregistré mon bagage et je file direct à l'embarquement.
Enfin, pas tout à fait directement. Je passe au duty free et me paie une bonne dose de ma drogue en paquets de 20.
Une fois installée dans l'avion, on poireaute encore une bonne demie-heure. Je replonge le nez dans mon bouquin.
Ca y est, on décolle ! Les sourires s'élargissent. Mes voisins sont sympas et on échange quelques commentaires pendant le vol.
2h30 plus tard, on arrive à l'aéroport de Djerba.
Les fumeurs s'en grillent une avant de passer les contrôles et je suis du nombre.
On passe la douane, des petits jeunes me demandent si je voyage seule et j'ai déjà le droit aux regards intrigués. L'un d'entre eux sermonne même gentiment le poseur de questions : "attends, comment tu la regardes, c'est pas un crime de voyager seul !". Merci pour cette délicate remarque, j'ai bien cru qu'on allait me jeter des pierres ;b
Je vais docilement attendre mon sac comme tout le monde. Je commence à angoisser quand tout le monde retrouve le sien sauf moi.
Je jète un coup d'oeil dans le petit sac à dos que j'ai gardé avec moi et là je m'aperçois que j'ai paumé la pochette avec les vouchers et le billet de retour.
Je retourne à la douane, demande aux types s'ils n'ont pas ramassé ma pochette. Commence à flipper.
Heureusement, un agent vient l'agiter sous mon nez. Retrouve instantanément le sourire. Et je retourne en quête de mon bagage fluo censé ne pas passer inaperçu.
Je le retrouve finalement, à l'écart des tapis roulants. Ouf !
Je sors de l'aéroport. J'hume l'air chaud et tente de trouver mon agent de voyage.
Personne. Pas de petite pancarte avec mon nom, pas d'affichette avec le nom de l'agence. Merde.
Je vais jusqu'au parking, interroge les divers chauffeurs de bus. On me fait faire deux fois le parking d'un bout à l'autre pour finalement m'annoncer que le bus a dû se barrer sans moi.
Plus qu'à prendre un taxi pour aller jusqu'à l'hôtel. Je ris nerveusement. Bon, va pour le taxi, pas le choix de toute façon.
Finalement, le trajet, calée dans mon taxi pour moi toute seule, n'est pas déplaisant.
J'arrive enfin à l'hôtel. Je me présente à l'accueil. Et il est très chaleureux. J'ai le droit à une escorte pour aller me restaurer un peu avant de prendre possession de ma chambre. On me sourit, me demande si j'ai besoin de quoi que ce soit et je note l'avantage qu'il y a à être une fille seule.
Une fois avalé mon bol de soupe (je n'avais pas très faim après toutes ses émotions), on m'accompagne jusqu'à ma chambre que je découvre étonnemment spacieuse : trois lits pour moi toute seule, un grand et deux petits. Suis au fin fond de l'hôtel, mais ça ne me déplait pas, suis au calme au moins.
J'apprécie la terrasse, j'envoie un p'tit texto pour rassurer ma génitrice, je me démake-up et hop, sous les draps !
Demain, c'est transat ;)
13 agosto

Retour en terre connue

 
J'ai tant de choses à vous raconter et si peu de temps pour le faire.
A peine rentrée, déjà de nouveau sur la route.
Je repars en Charente voir ma famille après avoir passé une semaine à Djerba.
J'avais une terrible envie d'écrire là-bas, tout ce que j'ai pu y voir au niveau humain...
C'était une véritable expérience de partir seule pour la première fois !
J'ai fait quelques belles rencontres, découvert la drague à la tunisienne, constaté le regard des gens sur les voyageurs sans attache...
Je promets de tout vous raconter, à la manière d'un carnet de voyage, en plusieurs actes, tel que je l'ai vécu, en tentant de me souvenir de toutes les émotions que j'ai pu ressentir à ce moment-là.
 
A très très bientôt.
Vous m'avez manqué chère toile ! ;)
04 agosto

Call me Jerry

 
Je pensais que tout ça serait derrière moi avec l'âge.
Qu'on aurait plus besoin de se chercher, de faire semblant, de jouer un rôle.
Mais je me rends compte que tout cela est encore grandement d'actualité.
 
J'en ai pris conscience récemment.
Mes potes m'ont sermonné gentiment de ne pas savoir être plus une fille que ça.
Les hommes aiment courir, m'ont-ils dit. Toi, tu es trop nature, trop directe.
Pas conventionnelle comme fille, je sais, ce discours-là je le connais.
 
Mais je pensais, naïvement sans doute, qu'il fallait plus d'honnêteté dans les relations humaines.
Qu'il fallait ne plus se tourner autours et aller droit au but.
J'en ai fait les frais récemment.
 
Alors, j'ai décidé de suivre les conseils de mes potes et de rentrer dans ce moule que je me refusais de suivre.
J'ai pourtant su, en étant adolescente, faire courir les garçons, faire ma fille dans toute sa splendeur.
J'avais ma cour, j'en étais fière.
Avec le recul, je trouvais tout ça bien ridicule !
 
Maintenant, j'ai compris une chose : le temps de jouer au chat et à la souris n'est pas révolu.
Messieurs veulent encore cavaler, suer sang et eau avant de pouvoir nous posséder tel un trophée.
 
Alors, prépare-toi, Tom, Jerry est de retour et tu vas savoir ce que vaut vraiment la p'tite souris au sprint ! ;b