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18 settembre

Carnet de voyage : Acte IV

 
Finalement
 
Les jours s'égrainent lentement.
Vendredi, premier jour de temps gris sur Djerba.
J'en profite pour me faire masser sous des mains expertes.
Je croise Eric de temps en temps, on discute, on échange.
Je commence à peler là où les coups de soleil ne m'ont pas épargnée.
Je croise parfois deux filles avec qui j'échange des sourires.
Mais sinon, je reste dans ma bulle de célibataire en vacances.
Laurie, la fille d'Eric vient s'installer sur un transat à coté de moi cet après midi là. On papote, moi du haut de mes 30 ans et elle, avec la fraîcheur de ses 15 ans. Littérature, musique, puis vie personnelle, on se sociabilise au cours de la conversation.
C'est aussi ça, les vacances seule, nouer des relations improbables, presque intemporelles.
Le soir, je retrouve Eric, Laurie et Auriane autours d'un thé à la menthe. J'ai décidé d'aller faire du cheval demain, dans la pampa, et Laurie m'accompagnera.
Je propose à Laurie de la sortir en boite, histoire qu'elle puisse avoir des activités de son âge. Et, j'avoue, d'avoir de la compagnie sur la piste.
Première vraie rencontre avec Christine qui loue mon sourire quotidien. Merci Christine !
Je danse jusqu'à épuisement, raccompagne Laurie jusqu'à l'hôtel puis file me glisser sous les draps.
 
Samedi, le temps est encore capricieux.
Mi-figue, mi-raisin, il nous balade d'éclaircies splendides en gris ombrageux.
Je fleimarde au lit la matinée après le petit-dej. Suis prise de langueur.
Même chose l'après-midi jusqu'à l'heure tant attendue de la balade à cheval.
Laurie est impatiente. Moi un peu anxieuse.
Faut dire que ça fait longtemps que je n'ai pas monté, des années !!
Après une petite balade en calèche, on prend connaissance de nos canassons respectifs.
Le mien est tenu à la longe par notre guide.
Il ne parle quasiment pas français notre guide. Montant à cru sur le sien, il sourit et ce sourire est si beau, si tendre.
Il veut sans cesse me faire galoper. Mes sauts sur le cheval au trot l'amusent beaucoup, mes fesses apprécient nettement moins mais ça ne m'empêche pas de rire aux éclats.
Deux heures de balade au milieu du sable et des ruines de mosquées berberes.
Une fois descendue de ma monture, je constate l'étendue des dégâts sur mon fessier. Et toute la soirée on a pu rire de mes difficultés à m'assoir ou à me relever.
C'est le dernier soir d'Eric et ses filles. Du coup, on s'offre tous une dernier virée en boite et Eric nous gratifie de son plus beau déhanché !
Mes fesses ne m'empêchent pas de me mouvoir sur la piste. Plus de douleur quand je danse, trop exaltée pour ne sentir rien d'autre que la musique.
Il est 2h du matin, je dis au revoir à Eric et Laurie. Auriane est déjà montée se coucher. On promet de s'écrire, de s'envoyer des mails, de rester en contact quoi.
Et je regagne ma chambre en me disant qu'à moi aussi il ne reste guère plus qu'un jour d'été.
 
Dimanche. Pour mon dernier jour, le soleil me fait la fête.
Au petit-dej, je croise Christine et Caroline avec de tous petits yeux cachés derrière leurs verres fumés. On échange deux ou trois banalités.
Je file sur un transat au bord de la mer. Les places sont trop chères au bord de la piscine et nulle envie de me battre. Autant profiter des embruns une dernière fois.
Christine et Caro se sont installées un peu plus loin. Je vois Caro me faire un signe puis se lever de son transat et se diriger vers le mien.
"C'est le dernier jour, dit-elle, tu ne veux pas venir avec nous ?". Je souris et réponds positivement à son invitation.
On fait rapidement les présentations, déplore en coeur le fait de ne pas avoir pris cette initiative plus tôt. Ca colle, on le sent bien.
Après avoir fait les quiches sur la plage, on remonte vers la piscine pour prendre une biere fraiche. On rit bien, on partage nos émotions sur le séjour. Les filles me racontent leur expédition de la veille et leurs amants d'un soir.
Mon animateur vient s'assoir un instant avec nous, c'est sans doute sa façon de venir me dire "au revoir et sans rancune".
On enchaîne sur une deuxième bière et les esprits commencent à s'échauffer sous tout ce soleil.
On finit par aller déjeuner. Une bouteille de vin plus tard, on est complice comme si nous avions passé tout le séjour ensemble.
Je me suis programmée un dernier massage avant de partir, Christine aussi. On décide d'y aller ensemble et de rejoindre ensuite Caro sur la plage pour un dernier bain de soleil.
Je savoure mon dernier moment de quiétude complète sous les mains toujours expertes de ma masseuse. Puis ressors huileuse mais heureuse rejoindre Christine.
On se sépare pour se doucher et on se file rencard devant le centre de soins.
Je prend ma douche, boucle mon sac, saute dans mon jeans et mes baskets et pars rejoindre Christine.
Que je retrouve furax. On doit payer un supplément pour avoir gardé la chambre après midi. Je paie docile, pendant que Christine peste et refuse. Au final, sa technique sera bien plus payante que la mienne.
On rejoint Caro sur la plage, les tunisiens qu'elles ont rencontré, dont fait partie Mister Hammam, nous offre une bière. Jamais bu autant pendant tout le séjour et suis très joyeuse en cette fin de journée !
Il est temps pour moi d'aller attendre le bus. Christine remonte avec moi et on va prendre un café pendant que Caro profite encore des derniers grains de sable.
Mon bus arrive. Cette fois-ci, hors de question de le louper ! Je calle ma valise dans la soute et je monte.
Le vol de Christine et Caro est prévu juste un quart d'heure après le mien, on se dira au revoir à l'aéroport où on est sûr de se croiser.
Arrivée sur place, ça sent déjà mauvais pour mon matricule. Mon avion n'est pas affiché. Je vais m'en griller une dehors en attendant et vois débouler vingt minutes plus tard mes deux acolytes de la journée.
On décident de se prendre un café au bar de l'aéroport, nos avions n'étant toujours pas affichés.
Au bout d'un moment, Caro a le bon réflexe d'aller voir aux guichets d'enregistrement. Et de nous avertir qu'il faut qu'on se magne d'aller porter nos bagages.
Mon guichet à moi, forcément, il est fermé. On m'indique les guichets du fond, puis on me dit que mon billet n'est pas bon pour, finalement, m'offrir une balade dans l'aéroport en quête de mon opérateur qui n'aurait pas fait le nécessaire sur mon billet. Suis morte de rire, les filles me regardent passer et repasser en me demandant ce qui se passe. Suis poissarde les filles, fuyez !
Finalement, je me retrouve à embarquer sur le même vol que Christine et Caro. Après avoir passé la douane, on fait un saut au duty free, histoire de faire le plein de nicotine. Puis on va s'installer à une table de café. Les filles font le décompte des sms déjà reçus de leurs amoureux tunisiens.
On monte enfin à bord de l'avion. On papote, on grignote les sandwichs que nous offre gracieusement la compagnie aérienne, on bouquine, on imagine le retour sur Paris et qu'il faudra absolument qu'on sorte danser toutes les trois, qu'il faudra que Christine garde sa décontraction des vacances.
Roissy Charles de Gaulle. Il est minuit passé. On fait la queue pour arriver jusqu'aux bagages. Tous les vols sont sur le même tapis roulant, c'est un bordel sans nom, les enfants sont crevés et les adultes sont excédés. Nous, on reste zen.
Christine a du flair et dégote nos bagages au bout d'une demi-heure.
Le nez dehors, Christine récupère un ami venu la chercher et Caro son petit-ami. Caro a proposé de me raccompagner et ça m'arrange beaucoup plus que d'attendre le premier RER ou de me ruiner en taxi.
On s'est promis de se revoir avec les filles, on est un peu triste de se séparer là, mais on sait qu'on se reverra.
Il est 2h du mat quand je rentre chez moi.
La maison est vide. Coffee et la ratoune sont chez mes parents en vacances en Charente.
Suis heureuse de retrouver mon univers et passe une nuit blanche à regarder mes mails, répondre aux uns et aux autres.
C'est la fin de Djerba, je le sais. Mais le début d'une nouvelle aventure aussi.
07 settembre

Des pressions

 
Adèle fille est déjà femme
Adèle a déjà perdu sa flamme
Adèle n'est pas un top modèle
Son sourire est plus rebelle
 
Adèle est belle mais elle l'ignore
Adèle implore un autre corps
Adèle est une étoile de verre que personne ne libère
 
Adèle fille est déjà femme
Adèle a déjà perdu sa flamme
Adèle n'est pas un top modèle
Son sourire est plus rebelle
 
Adèle est belle mais elle l'ignore
Adèle implore un autre corps
Adèle est une étoile de verre que personne ne libère
 
En silence elle y pense, elle répand sa souffrance
En silence elle s'élance, elle se fait se faire désirer
En silence elle y pense, elle répand sa souffrance
En silence elle s'élance, elle se fait des idées
 
Adèle a perdu son regard sur le fil du rasoir
Adèle se cherche sans rien y voir
Adèle s'offre sans ivoire
Adèle se cogne et se démêle
Adèle a déja perdu une aile 
Adèle est une étoile de verre que personne ne libère
 
En silence elle y pense, elle répand sa souffrance
En silence elle s'élance, elle se fait désirer
En silence elle y pense, elle répand sa souffrance
En silence elle s'élance, elle se fait des idées
 
Adèle fille est déjà femme
Adèle a perdu son âme
Adèle est une étoile inerte que tous les hommes désertent
 
En silence elle y pense, elle répand sa souffrance
En silence elle s'élance, elle se fait désirer
En silence elle y pense, elle répand sa souffrance
En silence elle s'élance, elle se fait des idées
 
Mais Adèle, petite fille sans devenir, va apprendre à grandir,
A force de coups de tristesse et d'amour appelera au secours
Mais Adèle, petite fille sans devenir, va apprendre à grandir,
A force de coups de tristesse et d'amour appelera au secours
 
"Adèle" - Vian
03 settembre

Carnet de voyage : Acte III

 
Naissance de l'invité mystère
 
Les journées se succèdent et se ressemblent.
Petit-dèj, plage, transat, un peu de piscine pour varier les plaisirs.
Pourtant ce jour-là, un homme s'approche de ma table au petit-déjeuner et me demande si c'est moi qui lisais ce bouquin qui me faisait tant rire entre deux bouchées de viennoiserie.
J'acquiesse et s'ensuit une conversation sur la littérature, la vie en général et en détails.
D'un seul coup, je redeviens visible, humaine. J'ai l'impression d'avoir fait un énorme bon dans la réalité, je ne suis plus transparente aux yeux des autres ;b
Un peu plus tard, au bord de la piscine, Monsieur Eric me présente sa grande fille, fan de Robin Hobbs. En discutant avec elle, j'ai un flash et je vois Nancy, ma Nancy, dans certaines de ses expressions. C'est un peu de mon monde qui vient me faire un clin d'oeil à Djerba.
Notre conversation achevée, je retourne à mon brûlage au troisième degré.
Mon animateur (oui, parce qu'il semble qu'il me soit désormais attitré) revient me faire la causette et insiste pour me voir au spectacle ce soir. Il dit qu'il m'a cherché hier, qu'il ne m'a pas vu. Arf ! Je dormais, désolée. Oui, oui, je viendrais au spectacle ce soir. Ah ? Et on va danser après ? Hummmm, d'accord, pourquoi pas !
La journée s'étire, langoureusement. Je vais siester après le repas et me réveille juste à temps pour la douche et le repas du soir.
Je m'habille, on m'a promit du strass et des paillettes ce soir, faut que je me montre à la hauteur. Petit haut rose qui s'assorti parfaitement à mon teint d'écrevisse !
Je dîne seule et sagement. Je vais prendre un thé à la menthe en attendant le début du spectacle. Savoure, ma fille.
Je rejoins tout le monde pour le début du spectacle. Pas de place assise, je reste debout.
Le spectacle est sympa mais sans doute un peu trop cru par moment pour les chastes têtes qui parsèment le public.
Il s'achève enfin. Mon animateur vient me rejoindre pour aller danser à la boite de l'hôtel.
Mon animateur dit qu'il faut absolument qu'il me parle. Je sais les mots sucrés qu'il veut prononcer et je tente de l'en dissuader. Mais il insiste, il ne comprend pas que je refuse de tout avaler bien sagement. Je lui joue du pipo pour lui faire comprendre que je ne suis pas dupe de la manoeuvre, ça l'agace.
Je saute à l'assaut de la piste de danse. Après ma sieste, suis très en forme, j'ai le sourire jusqu'aux oreilles.
Je sympathise avec le type qui s'occupe du hammam, il est drôle.
Et c'est à cet instant que naît mon petit ami mystère, histoire de décourager mes assaillants.
Je me félicite d'avoir remis à mon doigt l'anneau offert par Manu (enfin guérie de lui, je peux de nouveau le porter comme une simple belle bague).
Oui, oui, j'ai un petit ami en France. Quel dommage qu'il n'ait pas pu venir, mais nous n'avions pas les mêmes dates de congés et j'avais vraiment besoin de vacances. Evidemment, je lui suis fidèlement dévouée.
Si Hammam man reste courtois, mon animateur insiste lui, arguant que je suis en vacances et que je peux donc en profiter.
Sous mon refus systématique, il renonce enfin, m'assurant qu'il n'y a aucun problème et qu'on restera bons copains (tant mieux, voudrai pas me mettre tous les animateurs à dos sous prétexte de non coucherie !).
Mais il s'en va tout de même sur cette phrase : "puisque tu ne veux pas sortir avec moi, je vais me coucher". Et je le vois s'en aller, drapé dans sa fierté de mâle blessé.
Ces assauts m'ont épuisé et je rentre également dans ma chambre. Après quelques pages de mon nouveau bouquin (j'ai dévoré l'autre), je m'endors un peu fautive et pas très fier de mon mensonge.
01 settembre

Simplement

 
Tellement de gens veulent tellement être aimés
Pour se donner, peuvent tout abandonner
Tellement d'erreurs qu'on pourrait s'éviter
Si l'on savait juste un peu patienter
 
Donne-moi le temps
D'apprendre ce qu'il faut apprendre
Donne-moi le temps
D'avancer comme je le ressens
Y'a pas d'amour au hasard
Ou qui arrive trop tard
J'apprendrai le temps d'attendre
 
Tellement de rêves qui se trouvent gâchés
A vivre tout juste pour s'évader
Est-ce que nos peurs valent à ce point la peine
Pour exiger aussi peu de nous-même
 
Donne-moi le temps
D'apprendre ce qu'il faut apprendre
Donne-moi le temps
D'avancer comme je le ressens
Y'a pas d'amour sans patience
D'histoire sans y croire
Pas d'amour sans le vouloir
Si je sais que tu m'attends
 
Donne-moi le temps
D'apprendre ce qu'il faut apprendre
Donne-moi le temps
D'avancer comme je le ressens
Y'a pas d'amour au hasard
Ni de rencontre trop tard
Mais sois patient
Quand je me donne c'est vraiment
J'attendrai que tu m'attendes
 
Tu auras le temps
De prendre ce que tu veux prendre
Tu auras le temps
De nous faire avancer ensemble
Tant de gens se cherchent
se désirent, se suivent et se perdent
Donnons-nous la peine de se découvrir, se connaître
Je ne laisserai pas l'amour au hasard
Ni qu'il soit trop tard
Si la patience s'apprend
J'apprendrai ce qu'est d'attendre
 
Je prends le temps
Pour que tu m'attendes
Le temps
Pour toi
 
"Donne-moi le temps" - Jenifer
 
Oui, il m'arrive de faire ma midinette ;b